Archives mensuelles : avril 2017

Un verre d’eau boueuse

C’est comme avoir soif et n’avoir rempli qu’un verre d’eau boueuse par maladresse. Au début, on attend que l’eau repose pour enlever les saletés à la surface. Une fois qu’elles sont enlevées, c’est mieux mais on ne peut toujours pas boire. Il faut que l’eau repose encore pour enlever avec les doigts la boue qui tombe au fond. Il faut y aller doucement pour ne pas agiter trop l’eau et ralentir le travail. C’est fastidieux.

On désespère d’y arriver alors on demande de l’aide mais autrui qui tient son propre verre agite le nôtre pour voir ce qu’il contient et l’eau qui avait décanté se trouble à nouveau. Bientôt, on nie qu’on a soif et l’on voudrait oublier même que l’on porte le verre. Partout où l’on va on le tient avec soi, comme les autres. On est éclaboussé lorsque l’on ne s’y attend plus, quand on commençait à l’oublier. Et même un petit verre finit par peser lourd et l’on est bien obligés d’y revenir, par lassitude ou par la soif qui s’intensifie.

Souvent on rajoute de l’eau au verre, même claire, elle ne chasse pas pour autant la boue déjà présente. Alors on est obligé de laisser le verre décanter à nouveau puis tenter toutes les manipulations purifier l’eau.

Enfin l’eau est assez claire pour tolérer de la boire, et l’on se rend compte qu’elle n’étanche pas cette soif. Alors on jette l’eau assainie comme on a jeté la boue auparavant. Il ne sert à rien de garder le verre alors on le jette aussi. On a toujours soif mais on va allégé. On se rend compte que plein d’autres avant nous ont jeté le verre et que l’on croyait simplement avoir soif, la sensation s’évapore.

Bientôt, on revient prendre un verre pour montrer aux autres quoi faire du leur.