Archives mensuelles : novembre 2017

En ce qui concerne le temps

Le temps est simplement la perception de l’organisation et de la désorganisation. Ce sont ces deux pôles qui forment une dualité, tout grandit et pourrit dans le monde.

La perception du temps change en fonction de l’état de conscience, car la conscience est plus ou moins en mesure de percevoir les changements qu’elle produit dans la création.

Dans le travail intense, la conscience fait mûrir plus vite le mental, donc le temps semble s’allonger, parce que plus de choses sont organisés par rapport au monde.

Le temps est toujours mesuré comme une suite d’évènements par rapport à une autre suite d’évènements (comme le rythme cardiaque par rapport aux oscillations d’un quartz par exemple).

C’est pour cela que si la conscience travaille intensément, elle a l’impression que le temps ne passe pas au même rythme. Elle réorganise le mental qui la relie au monde qui n’est qu’un mental collectif plus ou moins vite par rapport à celui-ci.

Le repos parfait retire tout activité de désorganisation ou organisation et fait perdre la notion du temps. Si le mental décante et s’immobilise un seul instant par rapport au monde, la conscience a une perception d’éternité. C’est ce qui arrive pendant le sommeil très profond durant lequel la conscience se retire du monde. Le sommeil est plus proche de l’état «originel» que l’état de la journée. C’est un état supérieur.

Il faut du temps de repos parce que la sur-identification de la conscience à l’individualité désorganise le mental et le corps. L’ego qui est la friction entre les différents niveaux de conscience et de mental s’autodétruit avec le temps.

Le temps est collectif parce que le mental l’est. Le temps passe donc quoi que la conscience fasse tant qu’elle est liée au monde par son espace individuel dans le mental. Ce qui change est le rythme relatif de l’un par rapport à l’autre.

Les temps peuvent s’écouler très différemment d’un niveau de création à l’autre. La création n’est qu’imagination. Un rêve individuel peut durer des mois durant une nuit.

Dieu rêve des mondes. Tout ce qui est dans les mondes est Dieu individualisé pour parfaire le rêve. C’est le fait que Dieu est unique qui crée un temps collectif unique.

Moins la conscience s’identifie au monde, plus elle voit les choses à l’avance. Elle redevient elle-même donc l’essence des choses et perçoit l’organisation/désorganisation mieux.

Le temps devient un concept flou, on sait à l’avance, des années parfois, ce qui adviendra.

Le paresseux a un problème avec le temps parce que son ego pense être au-dessus des tâches à accomplir, il gêne l’organisation/désorganisation, le monde le pousse et finalement le ruine.

Dans la libération spirituelle, on est travailleur, mais le travail est de moins en moins un effort parce que l’ego s’efface. Comme la conscience réorganise son mental individuel, il n’y plus de conflit avec le mental collectif donc avec le monde. On accomplit beaucoup, très vite parce que tout fonctionne à l’unisson. L’effort vient de la friction interne seulement.

L’auto-discipline est la clé indispensable de départ, car il faut identifier ce qui gêne d’abord, le faire sortir de l’inconscient. Il y avait un temps de souffrance à cause de la confusion, il y a un temps de discipline puis on va au-delà de la discipline une fois que les conflits intérieurs sont terminés.

À la fin, on sait ce qu’on doit faire, on est inspiré, on ne s’inquiète plus du temps.

L’impatience est issue de la conscience qui pense être limitée, c’est l’ego qui croit à ses limitations et qui se sent en danger, rendant difficile ce qui ne devait pas l’être.

Le temps de souffrance dans la création est obligatoire car le monde est la partie de Dieu qui s’est identifié à la limitation. La souffrance s’arrête quand il n’y a plus de limitation.

Comme tout et tout le monde est Dieu, tout le monde est mis face à ses actes. Il y a un temps donné pour apprendre et comprendre car les individualisations de Dieu ont été dans la limitation pendant longtemps. il peut y avoir intervention directe dans le cas où le conflit perdure après compréhension, en cas de mauvaise foi. C’est vécu comme une sanction pour l’ego mais comme une libération pour la conscience. C’est Dieu qui se soigne lui-même, qui soigne les projections de lui-même. C’est pour cela que la justice divine peut sembler lente tout en étant implacable.

Il ne faut pas limiter Dieu à la partie de Dieu qui reste hors-temps, qui est l’alpha et l’oméga, le début et la fin. Il y a une partie de Dieu qui rêve et la partie qui incarne le rêve, qui relie le début et la fin. La partie de Dieu qui rêve répond à celle qui incarne le rêve, celle qui l’appelle. C’est pour cela qu’il est naturel de demander à Dieu, de prier, de travailler avec. Cette synergie devient permanente, au point que l’on laisse Dieu créer à travers soi, il rêve à travers nous, donc l’individualité et l’effort s’effacent.

Les choses se font toujours en temps et en heure car ce sont les choses qui font le temps et l’heure. Mais l’impression que les choses se font en temps en heure n’est naturelle que lorsqu’on a ni l’orgueil de s’opposer à Dieu qui agit à travers tout et surtout soi, ni l’orgueil de penser faire les choses soi-même. La notion de soi s’efface pour laisser les choses se faire.

Tout est question d’identification, donc l’impression d’être individuel est temporaire et a besoin du temps. On peut choisir de reprendre le point de vue de Dieu et s’identifier seulement à cette source de l’être, auquel cas la notion de temps disparaît.

Pour Dieu, le temps est aussi manipulable que l’imagination.

Les individus manipulent le temps, dans une certaine mesure, par lassitude ou excitation, i’anti-désir du temps ou le désir du temps. Le temps qui plaît passe vite parce que la conscience s’identifie et se limite à ce qui se passe, le temps qui déplaît passe lentement parce que la conscience essaie de freiner ce qui s’y passe et y parvient dans une certaine mesure, elle gêne l’organisation, les évènements, le progrès.

Dans le lâcher-prise total, tout est agréable parce qu’il n’y a ni excitation, gourmandise qui empêche de réellement profiter, ni lassitude ou rejet. C’est le seul moyen de profiter de ce qui est donné. C’est avoir une sensation d’éternité en permanence, tout est une question de détail, tout peut être pris comme une image qui reste statique ou à l’opposé une suite d’image en mouvement. Tout se déroule parfaitement et le temps n’est pas une pression.

Que Dieu soit l’alpha et l’oméga ne signifie pas qu’il y ait une fin (ni même un début) pour la Création. Créer est toujours transitoire, impermanent. Il faut voir cela comme une bulle qui grandit. Dieu en revanche a une composante qui est toujours permanente, stable. Il faut voir cela comme un état, c’est notre état originel et l’état auquel il est intéressant de revenir tout en regardant la Création. La Création est insupportable si on s’y identifie, en revanche, elle est agréable lorsqu’on se rappelle ce qu’on est. C’est l’intérêt de la Création, nous ramener à nous-même, la Création vient du fait que Dieu est conscient de lui-même et se rappelle ce qu’il est. Ce qui crée la notion de temps, c’est cette impression de redevenir ce qu’il est déjà. C’est ce contraste qui est intéressant.