Il n’y a pas d’étiquette valable

C’est amusant j’ai reçu plusieurs courriels récemment de gens qui me disaient qu’ils étaient indigos, ou crystal. Je comprends que l’on puisse utiliser ces concepts pour approcher la réalité, au sens où l’esprit a parfois besoin d’outils pour apprendre mais je ne comprends pas que l’on puisse catégoriser définitivement les gens.

Nous naissons tous avec un bagage et des paramètres de vie différents, en cohérence avec nos voeux et l’évolution que nous voulons vivre. Cependant, si l’on gratte un peu, on s’aperçoit qu’au fond nos consciences ont des mécanismes identiques et que ce sont nos choix successifs qui créent un résultat ou un autre. Peu importe d’où vous venez, tout dépend des pensées que vous allez choisir.

Je suis dégoûté quand j’entends parler de « maîtres en spiritualité »  ou « d’élus » ou « d’enfants plus avancés que les autres » car ces considérations poussent à dire que certains sont moins que les autres ou même nuisibles. Dans tous les cas, cela pousse les humains à la division. Dès qu’un humain dit faire partie d’une religion, dit avoir un maître en spiritualité, dit que sa pensée est la bonne pour tous et qu’il dispose d’un savoir inaccessible aux autres, alors il provoque la violence.

Toutes ces considérations finissent par créer des blocages qui gênent l’évolution des individus parce que l’interaction entre les individus est faussée. Vous devez toujours garder un esprit critique face à l’autre et filtrer ce que les autres disent. Il ne s’agit pas d’être paranoïaque mais de chercher à savoir qui l’on est. En baissant leur garde et en mettant les autres sur un piédestal, certains sont pris dans les mouvements sectaires, dans les escroqueries en tout genre, dans les mouvements politiques et j’en passe. Et même ceux qui adhèrent aux idées d’un groupe sans intégrisme nourrissent les intégristes de ce groupe de leur énergie. Il ne devrait tout simplement pas y avoir de groupes tels qu’il en existe aujourd’hui.

D’autre part, dans la même catégorie, on trouve des idéaux vengeurs, comme si le dieu des uns allaient punir les autres, qu’un jour le jugement arriverait et que seuls ceux faisant partie des bonnes catégories allaient gagner. Cela n’existe tout simplement pas, peu importe qui vous êtes et où vous vous trouvez, c’est votre attitude qui fera la différence parce que votre divinité créatrice vous apportera des résultats que les autres n’auront pas su avoir dans leurs vies. Quand quelqu’un dit que son dieu le vengera ou appuiera sa vengeance, cela trahit tout de suite sa confusion mentale.

Et lorsque vous tentez de ressembler à Dieu, vous tentez de ressembler à vous-même et c’est un surplus d’activité mentale qui rajoute de la distance entre le coeur de vous-même et ce que vous transmettez au monde. Il y a une grosse bêtise qu’enseignent les soi-disant « maîtres » : l’épuration. On vous incite à vous purifier, à redevenir purs, à ressembler à Dieu. Si vous faîtes cela, vous allez seulement vous conformez à la vision de votre maître du moment. On nous enseigne qu’il faut savoir revenir à Dieu et c’est une grosse bêtise je crois. C’est l’inverse qui doit se produire.

Etant donné que vous êtes à la pointe de la création, vous devez porter Dieu en vous pour aller de l’avant et donc ce n’est pas vous qui allez vers Dieu mais Dieu qui vient en vous. C’est un point de vue complétement différent car il consiste à rechercher le divin chez la personne plutôt que de chercher à effacer les « défauts » de la personne. Pour parvenir à ce résultat, vous n’avez pas besoin de faire quoi que ce soit, en fait vous devez ne rien faire. Lorsque vous abandonnerez les étiquettes, vous arrêterez de vous opposer à votre nature divine et les choses seront plus faciles. Vous êtes votre seul maître, si vous vous perdez en ce moment c’est parce que vous devenez confus de tant de considérations foireuses. Laissez tomber ce qui vous semble trop compliqué.

Et, au passage, je rigole bien lorsque je vois des soi-disant « maîtres » s’isoler du monde en critiquant la société, en critiquant ce que les gens désirent. S’ils s’isolent du monde (dans des communautés, dans des retraites), c’est parce que ces philosophes sont trop immatures pour comprendre que leur vision des choses ne rassemblera jamais les autres. Ils n’ont pas grand chose d’universel. Ils sont en fait moins éclairés (si l’on peut dire) que tous ceux qui vivent normalement et qui essaient tout doucement d’améliorer les choses. Ils n’ont pas autant d’amour pour les autres qu’ils veulent bien le croire car sinon ils retireraient tous ces blocages et ces critiques qui les mettent à l’écart. Ils remplacent un déséquilibre par un autre et ne sont pas très utiles aux autres, ils n’ont pas compris l’interconnexion qui doit exister entre les individus.

Si vous êtes vraiment fraternels, alors vous serez en mesure de comprendre et d’être compris par des gens qui seront très différents de vous au premier abord parce que vous vous fonderez mutuellement sur le coeur de qui vous êtes pour communiquer. Cependant, nous ne pouvons pas être proches de ceux qui se revendiquent fraternels mais qui se mettent volontairement à l’écart des autres à travers des rites, des préjugés ou des comportements. Ils produisent une distorsion en eux en choisissant de forcer leur nature et donc ne peuvent pas construire de relation équilibrée avec les autres, qu’ils vampirisent tout simplement. Et quand ce genre de personnage dit qu’il faut aller à la source de leur enseignement, sans écouter les critiques, ils anesthésient votre individualité et il devient dangereux de les suivre car cela se fait au détriment de vos propres désirs et de votre identité.

Si la collectivité est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce que les gens ont plus ou moins bien suivi ce qu’ils préféraient ou ce que l’on leur faisait préférer. Et si on désire avoir un impact positif sur la collectivité, ce n’est pas en se mettant en dehors qu’on arrivera à quoi que ce soit. Il s’agit vraiment d’apprendre à montrer un autre exemple, différent mais pas déconnecté. Vous ne pouvez tout simplement pas vous opposer au collectif mais vous pouvez le faire dévier doucement, vous n’êtes pas au-dessus des autres mais au même niveau. C’est cette douceur qui préserve les foules des totalitarismes et autres dérapages.